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"A l'ombre des jeunes flics en pleurs"     Roger FACON

"Ruines maudites !" une enquête d'Albert Leminot      Georges FOVEAU

"Chiens de sang"     Karine GIEBEL

"Dieu veille Toulouse"     Jan THIRION

"Marseille, Illinois"     Bruno Leydet 

"Iouri"      Pia PETERSEN

"Les héros sont fatigants !"       Florence BREMIER

"Légionnaire Victor"        Dominique DELPIROUX

"Dernier rock avant la guerre"       Cédric FABRE

 "Ciel de cendres"        Maud TABACHNIK 

 "La nuit par les racines"       Jean PELLE 

  "Requiem à Saint Eloi"      Philippe MASSELOT 

 "La collection"       Gérard STREIFF

"Les anges sauvages"        Michel EMBARECK

"Confessions d'un banquier pourri"       Crésus

"Zumbi"  Jean-Paul DELFINO

"L'ombre des anges"    1- je broie du bleu     Gérard GÉLAS

"18 extrême rock"     Pierre MEIGE

"Punchlines"     Christophe GROS-DUBOIS

"Sad Sunday"     Gilles VINCENT

"Noir Divan"    Bernard VITIELLO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GAGNANT A VIE

Serge SCOTTO

Editions L'écailler 2008

ISBN 978-2-35299-016-1

 

Châpitre I

 

   Il faut dire que j'ai peur en avion. Me voici dans le grand salon du Carthage, fleuron de la CTN, où je sirote l'apétitif qu'a tenu à me faire servir le commissaire de bord. Un ami m'a recommandé. Je connais tout le monde à Marseille... Comme tout le monde !

   Ce n'est pas la saison des touristes. Autour de moi, ne s'agite que la population tunisienne, qui me baragouine aux oreilles. Je m'abrutis du charabia dont bourdonne cette ruche flottante en partance, excitée comme un essaim en quête de sa terre promise ! Je surnage accroché à mon Ricard, bouée dérisoire jetée depuis le Vieux-Port qui s'éloigne. Ce n'est pas que je me sente dépaysé, non, ma ville est riche d'une importante communauté arabe qui en inspire l'âme même. Mais un pied à peine posé sur le bateau, pour la première fois de ma vie c'est moi qui me suis senti chez eux. Parfaitement étranger. Le ringard occidental dans toute sa splendeur.

   Tout ce que j'ai écrit sur la Tunisie, je l'ai pioché dans des livres passés inaperçus qui me valurent mon Prix Goncourt. Escale à Tunis est un best-seller, que s'arrache par milliers le troupeau moutonnier de lecteurs. Le succès de ma petite escroquerie intellectuelle me vaut pour autre récompense ce beau voyage. De l'autre côté de la Méditerranée m'attend novembre au soleil, pour une séjour quatre étoiles que j'ai l'impression d'avoir gagné aux Z'amours...

   Je suis pourtant célibataire. Mais primé à quarante ans grâce aux magouilles parisiennes de mon éditeur, et soudainement enrichi de quelques millions que j'ai raflés, je deviens certainement un parti possible pour quelque potiche de classe. Quand on gagne suffisamment d'argent, les femmes ne se mêlent plus de nos affaires ; c'est tout le bonheur des riches et exactement ce qu'il me faut...

   La serveuse est ravissante dans son chemisier blanc de la compagnie, en cet instant où elle repasse devant moi comme si elle passait un casting. Belle comme l'Orient ! L'Orient où m'espèrent sans doute mille et une nuits galantes... Je revis à ce conte, une dernière gorgée anisée coulant en moi tel un sang neuf pour emporter toute nostalgie. L'oeil du hublot se referme sur un bleu définitif : Marseille a disparu.

   Au titre de dame de compagnie, j'ai choisi d'emporter dans mes bagages le romancier Del Pappas, un véritable baroudeur, lui, dont la présence virile et barbue me rassure dans cette aventure. Il revient des toilettes.

   - Les toilettes sont super, qué ! Il est magnifique, ce ferry..., s'extasie-t-il en enrobant d'un geste ample notre écrin luxueux. Au comble de la satisfaction, au départ de ce voyage qui l'enchante ! Il enfonce son séant dans le confort velouté de son crapaud. L'apostrophe fuse avec son bras tendu vers le pastis.

   - Je t'ai déjà raconté... quand à seize ans, je suis parti en Afghanistan sur un cargo ? c'était autre chose...

   - Tu ne m'as pas raconté... mais j'ai lu le livre. Je me suis régalé !

   Cette réponse flatteuse lui coupe la chique. A vrai dire, je n'ai jamais lu de Del Pappas, le moindre pensum de mon prolixe confrère pesant son poids de Bottin ! Mais Del Pappas s'avérant un bavard impénitent, par ma flagornerie j'espère esquiver la déferlante de ses épopées romanesques, qui menacent de naufrage les vingt-trois heures paisibles de notre traversée. Je n'aurais certes pas couru un tel risque en une heure d'avion... Mais il faut dire que j'ai peur en avion !

   Le bateau, c'est plus lent, mais pourquoi toujours se presser ? Dans mon métier, j'ai appris à ne jamais me presser, pour ne pas rater mon coup. Je parle de mon autre métier, celui que j'exerce en attendant. A présent que je gagne ma vie respectable d'homme de lettres, je vais pouvoir décrocher, aussitôt honorés les contrats en cours, bien sûr...

   - On n'est pas bien, là ? Heureux qui comme Ulysse ..., déclame-je en m'étirant, comme s'il était besoin de justifier mon choix d'une croisière. Aux petits oignons, qui plus est ! Notre statut nous a privilégiés d'entrée de jeu, lorsque tout à l'heure il nous a été permis de sauter les barrières des files d'attente, à l'embarquement en gare du J2. J'en ai éprouvé une légère honte, facilement réprimée. Quitte pour un salut cordial aux policiers français, fiers d'être Marseillais et de leur Prix Goncourt ! Notre autographe accordé en guise de formalités, ayant insisté pour que Del Pappas contresigne ma dédicace. Pas de jaloux... Nous avons ensuite embarqué. Sur un ferry pour nous tous seuls encore quelques minutes, accueillis par le commissaire de bord en personne, qui porte le nom prédestiné de Cheriff. Je suis de ceux que refroidit a priori la vue d'un uniforme, mais j'ai été rapidement dégelé par l'amabilité du commissaire Cheriff. Après avoir consulté nos billets, il s'est adressé à l'hôtesse d'accueil, impeccable en veston marine, assise derrière un grand registre ouvert. Il n'a fallu que quelques mots de l'officier, qui connaît son affaire et son bâtiment, pour que nous soient reattribuées les meilleures cabines possibles, télévision, minibar, 10 m2 loi Carrez et vue sur la mer.

.........

 

la suite, vous la trouverez dans le roman de Serge Scotto.....   procurez-le vous............

 

 

 

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Commentaires (2)

2. Bourasseau Le 11/07/2009 à 07:56

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Si l'intrigue est parfaite, et l'enquête nous entraîne au bout du roman, j'avoue que j'ai été un peu déçu par le style. Tout est dit, il n'y a pas de place à 'imagination pour les pensées des personnages par exemple. Mais c'est avec "Les héros sont fatigués", le roman que j'ai préféré dans les 5 que j'ai lus.

1. Ginette Le 03/12/2008 à 13:20

EXCELLENTE INTRIGUE...
SERGE EST COMME LE BON VIN, SE BONIFIE AVEC LE TEMPS
A CONSOMMER SANS MODERATION
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Dernière mise à jour de cette page le 04/01/2010