Ruines maudites ! Georges FOVEAU

Dans la série Albert Leminot mène l'enquête

Ruines maudites !

un roman de la collection Poivre dirigée par Georges Foveau

éditions Rouge Safran

www.editions-rougesafran.fr

( pour retrouver Albert et les autres héros de Georges Foveau, ou contacter l'auteur :

http://plumesdefoveau.free.fr

plumesdefoveau@free.fr )

 

Albert Leminot enquête, déjà parus :

Mystères chinois au Panier ( G. Foveau / L. André )

Le mystère de la Cabre d'Or ( G. Foveau /O. Blazy )

Myster Circus à Avignon ( G. Foveau / O. Blazy )

Un Indien en Camargue ( G. Foveau / O. Blazy )

La nuit des quais ( G. Foveau / O. Blazy )

Ruines maudites ! ( G. Foveau / L. André )

 

 

Antique prologue

   Emmitouflé dans sa vieille cape de laine épaisse, Fingal se maudissait.

   Un vent froid venu du nord coupait tout de son haleine glacée. C'était la nuit de la Samain. La nuit où tous les esprits peuvent revenir sur terre. La nuit où toutes les âmes, même les plus en peine, pouvaient la quitter... Mais celle de son frère restait ficelée, là-bas, sous la falaise, puisque Fingal n'avait pas pu accomplir les rites druidiques de départ du mort.

   Debout au coin de la poterne d'un village de pierres, Fingal dominait l'anse de Massalia. Il maudisait ce port phocéen autant qu'il se maudissait lui-même. Là, dans ce petit village celte, il était en sécurité. Ces Méridionaux avaient les mêmes valeurs que lui. Il attendait un pilote, un peu louche. Ce marin l'aiderait à quitter ces côtes et à naviguer vers les Colonnes d'Hercules(1) sans être intercepté par les pirates massaliotes. Ils en voulaient aux précieuses marchandises de Fingal : du corail, de cette splendide étoffe pourpre produite par les seuls Phéniciens, du vin si rare...

   Avec amertume, Fingal voyait toutes ces richesses se teinter du sang de son frère.

   Désormais, ces trésors n'étaient plus aussi importants pour Fingal. Il voulait surtout ramener le cadavre de son frère sur leur lande parfumée. Fingal aurait dû écouter les conseils de Cadbath, le vieux druide de sa tribu... Mais non ! Entêté comme tous les Gaëls d'Irlande, il avait décidé de quitter les rives de l'île d'Emeraude pour courir les mers du Sud à la poursuite de la fortune. Et il avait commis la bêtise d'entraîner avec lui son jeune frère Coolihan !

   Celui-ci avait été assassiné par un mauvais joueur dans une taverne de Massalia. Fingal avait alors compris que ses dieux si puissants sur le grand océan n'avaient guère de pouvoir sur cette petite mer fermée et capricieuse, toute dévouée aux déités traîtresses des Grecs et des Romains.

   Fingal avait caché son navire dans une infractuosité des rochers. Le bateau était invisible, de la falaise comme de la mer. Fingal n'avait aucune confiance dans Pylos qu'il avait embauché et auquel il avait donné rendez-vous là. L'homme avait eu l'air bien plus intéressé par les marchandises que Fingal ramenait en Irlande que par l'itinéraire à suivre. Fingal avait peu d'atouts pour protéger ses arrières. Sa main effleura le torque(2) d'argent que lui avait offert Deïrdre, sa promise. Seuls les orfèvres irlandais savaient les forger aussi fin et précieux, avec des torsades si fluides.

   Le vent du Nord sifflait, mauvais comme une hydre affamée...

   Soudain, le pilote surgit de l'ombre. Pylos n'était pas seul. Fingal porta instinctivement sa main sur son épée irlandaise. Sa poignée de bronze très ouvragée schématisait la silhouette d'un homme aux bras levés vers le ciel. Les compagnons du pilote arboraient des gueules patibulaires de racaille. Des chiens des quais, à la canine cruelle. Sales et grossiers. Ils ricanaient. Ils mataient Fingal par en dessous, déjà tout au mauvais coup qu'ils avaient mijoté. Fingal et Pylos échangèrent quelques mots approximatifs. Aucun des deux n'était très à l'aise dans la langue de l'autre, si dissemblables dans leurs sonorités. Ensoleillée pour l'une, brumeuse pour l'autre.

   Soudain, de sous sa tunique, Pylos sortit un crochet de ferraille souillé de rouille et de sang séché. Il bondit sur Fingal !

   Dos au mur de pierre, le Celte ne se laissa pas surprendre. Sa longue lame de fer surgit de sa cape avec la précision véloce d'une langue de serpent. Il empala Pylos. Le traître parvint tout de même à planter avec rage son crochet dans l'épaule droite de Fingal. Le Celte avait tué son adversaire. Mais Fingal était désormais terriblement handicapé pour combattre ses cinq autres ennemis. Dogues enragés, ils grondaient et bavaient de méchanceté. Pylos les avait convaincus qu'il leur serait très facile de maîtriser le marin irlandais et de lui extorquer, par la torture s'il le fallait, la cache de son navire et de sa précieuse cargaison. Trop " malaucœureux " pour se livrer à la piraterie, Pylos et ses soudards(3) vivaient de rapines bien terrestres. Leur malhonnêteté n'avait d'égale que leur horrible cruauté. Comme des bâtards galeux sur un agneau fragile, ils avancèrent sur Fingal acculé contre les pierres humides. Ils avaient déjà fait le deuil de leur chef. Ils n'avaient plus en tête que les souffrances qu'ils allaient infliger au Celte... et le butin...

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Commentaires (2)

2. Elisa Le 21/04/2010 à 13:48

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Je l'étudie avec ma maîtresse et je suis inpatiente de lire la suite,surtout que j'adore les livre ou il y a du myster.En plus on va rencontré l'auteur avec la classe.

1. Gommeriel Sandrine Le 12/07/2009 à 16:41

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Je suis curieuse de lire la suite, parce que cet "antique prologue" me fait me poser des questions. Pourtant, le style est à mes yeux trop calculé, je trouve qu'il manque un peu de la spontanéité que j'ai découverte dans les autres premières pages. En tout cas, le démarrage est très intéressant.
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Dernière mise à jour de cette page le 03/05/2009